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Au-delà des montagnes : le grand cinéaste chinois revient avec un mélodrame magnifique

au dela affiche
Jia Zhangke filme sur une période de 25 ans les mutations accélérées de la Chine et leur impact sur les relations humaines. Un témoignage bouleversant à la portée universelle.

 

Au-delà des montagnes n’est pas violent comme l’était le dernier film de Jia Zhangke, Touch of sin, qui s’était vu au dernier moment refuser le visa d’exploitation chinois, faisant perdre au passage beaucoup d’argent au studio Shanghai Film Group.
Il n’en est pas moins subversif dans ce qu’il donne à voir de la perte des valeurs, du déracinement et de la dislocation des liens humains. Pour ce film, Jia Zhangke retourne dans sa ville natale, Fenyang, dans la province du Shanxi, décor déjà de Platform et Touch of Sin. Les références à ses précédents films y sont d’ailleurs nombreuses, appuyées par l’utilisation de séquences accumulées pendant ses tournages précédents.

 

Un triangle amoureux

Le film s’ouvre sur un groupe de jeunes chinois enthousiastes qui dansent sur la chanson électro-pop « Go West » des Pet shop boys. Parmi eux, trois amis : la belle Shen Tao (Zhao Tao, l’épouse et actrice fétiche de Jia Zhangke), Lianzi, un mineur de fond et Zhang, un entrepreneur ambitieux. Nous sommes en 1999 et les discothèques ouvrent un peu partout à travers le pays. Lianzi et Zhang sont tous les deux amoureux de Shen Tao qui choisira d’épouser Zhang. L’amour de l’argent conduira ce dernier à appeler leur fils Dollar. Lianzi part, le cœur brisé, rejoindre la cohorte des travailleurs migrants sur les routes chinoises.

 

2014, Shen Tao, séparée de Zhang, est restée à Fenyang. Dollar vit avec son père, qui travaille dans la finance à Shanghai. Lorsque Dollar rentre à Fenyang pour l’enterrement de son grand père, sa mère mesure le fossé qui la sépare de son enfant.
Dix ans plus tard, Dollar vit en Australie avec Zhang, son père, obsédé par les armes à feu et incapable de communiquer avec son fils, au sens propre comme au sens figuré. L’adolescent trouvera refuge dans les bras de son professeur, une femme plus âgée tout aussi perdue que lui.
Avec Au-delà des montagnes, profondément émouvant mais aussi plein d’humour, Jia Zhangke confirme qu’il est l’un des plus grands cinéastes contemporains et signe son plus beau film.

 

Pauline Bandelier

 

22 janvier 2016

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