Asie, International, Société

Quel avenir pour les ONG étrangères en Chine ?

La superpuissance chinoise a-t-elle encore besoin des ONG étrangères pour se développer ? La question se fait pressante, alors que ces dernières sont de plus en plus confrontées à des difficultés sur le terrain

enfants du ningxia2En quelques années, la Chine est passée du statut de pays en voie de développement à celui de deuxième puissance économique mondiale. Cette croissance accélérée a entrainé le retrait de nombreux bailleurs de fonds internationaux, qui considèrent que le pays a désormais les moyens de faire face aux problèmes sociaux, environnementaux et ruraux auxquels il est confronté. Pour les ONG, il devient difficile d’obtenir des financements étrangers, et presque impossible d’accéder aux dons chinois. Néanmoins, des étrangers continuent leur engagement en faveur des laissés pour compte, ce qui relève parfois du casse-tête chinois.

Guillaume Gauvain a créé en 2003 l’organisation Béthel, qui vient en aide aux orphelins aveugles. « La jeunesse du cadre légal pour les ONG fait qu’il est difficile d’être reconnu », explique-t-il.    « Cela créé bien sûr une série de problèmes pour le financement, le statut des employés et la durabilité de l’organisation… ». En effet, sans enregistrement, pas de possibilité de lever des fonds en Chine, et l’obligation de travailler avec des intermédiaires chinois pour la mise en œuvre des projets.

Contraintes administratives

Ainsi, Blandine Ricouart, qui travaille pour l’association Enfants du Ningxia, doit passer par le canal obligé d’une fondation hongkongaise pour gérer les relations politiques avec la ligue des jeunes communistes du Ningxia, sans qui aucun projet ne peut se faire. A ces contraintes administratives s’ajoutent un flicage permanent du gouvernement local, qui exige de connaitre l’identité de chaque bénéficiaire malgré la transmission régulière de rapports d’activités par l’association. Confrontée à la réduction des financements, la jeune femme recherche actuellement un partenaire chinois pour monter des projets communs mais peine à trouver une structure stable.

Au-delà des questions financières et administratives, la mise en œuvre de projets peut aussi donner lieu à des frustrations. Joël Baumgartner, coordinateur pour la Chine de l’association Initiatives et Développement, raconte par exemple qu’un projet de chauffe-eaux solaires lancé par le bureau local de lutte contre la pauvreté venait faire double emploi avec un projet similaire lancé par Initiatives et Développement l’année précédente dans la région.  «D’autant que la mise en œuvre, verticale, fait parfois peu de cas du contexte local », déplore-t-il. Dans un contexte de montée du mécontentement des plus défavorisés illustré par des soulèvements réguliers, il devient pourtant essentiel d’apporter des solutions qui répondent vraiment aux besoins sur place. Dans cette optique, les ONG chinoises pourraient constituer une alternative crédible pour peu qu’elles arrivent à se professionnaliser et à acquérir  une autonomie face aux pouvoirs publics omniprésents.

Cet article a été publié en 2013 sur le site d’aujourd’hui la Chine, aujourd’hui disparu

4 octobre 2012

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