D’anciens compagnons brisent le silence sur des violences sexuelles à Emmaüs

Il est le premier à avoir osé parler. Entré comme compagnon au sein de l’antenne Emmaüs de Chatou le 30 avril 2018, Sékou Camara, un couturier malien de 30 ans, a porté plainte, le 27 juillet 2019, pour violences physiques contre Jacquy Conderolle, co-responsable des communautés Emmaüs de Bougival, Chatou et Nanterre depuis 1999. Le 1er novembre 2019, Sékou Camara a complété sa plainte d’une lettre au parquet de Versailles, dans laquelle il dit avoir subi des « attouchements sexuels ».

Carola Rackete l'insoumise

Elle met l'Europe au pied du mur. Entretien exclusif avec la capitaine du Sea-Watch 3 pour La Chronique d'octobre. C’est une leçon d’humanité, mais aussi de droit, qui n’a pas fini de faire des remous, celle donnée par Carola Rackete, la capitaine du Sea-Watch 3 à la communauté internationale. Dans la nuit du samedi 29 au dimanche 30 juin 2019, la jeune Allemande forçait l’entrée du port de l’île de Lampedusa (Italie) pour faire accoster son navire. Entretien avec Carola.

Luxe et développement durable : un retour aux sources ?

Trouvant son origine dans les habitudes des anciennes familles de haut rang, le luxe s’est développé au XVIIIè et surtout au XIXè siècle au travers de « grandes maisons. » Parmi les pionniers, le joaillier Chaumet dès 1780, Hermès en 1837 et le malletier Louis Vuitton, en 1854. Après la Seconde Guerre mondiale, le secteur s’industrialise. Progressivement, les maisons familiales traditionnelles et leurs structures de production artisanale ou semi-artisanale laissent la place aux logiques de concentration des grands groupes multimarques et multiproduits. Depuis les années 1980, ces groupes ont brouillé les lignes en tentant de maintenir une image élitiste, tout en cherchant à vendre au plus grand nombre. Pour mettre en place leur stratégie de massification, ils n’ont pas hésité à avoir recours aux pratiques du mass marketing, à l’accélération des cadences des collections ou à la création de « sous-marques . » A la clé, des bénéfices considérables. Ainsi, en 2016, le marché mondial du luxe pesait 249 milliards d’euros, un chiffre qui a plus que doublé entre 1995 et 2008 et qui pourrait atteindre 285 milliards d’euros à l’horizon 2020 selon Bain.

Élection présidentielle : existe-t-il un "vote chinois" en France ?

Parmi les 500 000 personnes d’origine chinoise qui vivent en France, une majorité réside à Paris ou en région parisienne. Selon le chercheur Baptiste Coulmont, en 2015, sur 1,2 million d’électeurs inscrits sur les listes électorales à Paris, 6 600 étaient originaires de Chine ou du Vietnam. Par ailleurs, 4 800 personnes nées en France portaient un nom parmi les cent noms de famille chinois les plus courants. Si leur vote ne pèsera pas significativement sur l’élection présidentielle, les Français d’origine chinoise se sont davantage fait entendre dans l’espace public ces derniers mois, en particulier sur l’insécurité. En septembre 2016, ils étaient des dizaines de milliers à manifester pour réclamer plus de sécurité après la disparition de Zhang Chaolin, un couturier décédé des suites d’une agression à Aubervilliers. Le 27 mars 2017, la mort d’un père de famille chinois, Liu Shaoyo, tué à son domicile par un policier dans des circonstances controversées, déclenchait une série de rassemblements. Largement sollicitée par les partis politiques, notamment ceux de droite, la communauté asiatique n’a toutefois rien d’homogène.

La communauté chinoise de Paris hausse le ton face à la police

Lire aussi :   Mort de Liu Shaoyao : l’enquête confiée à un juge d’instruction Pour de nombreux protestataires, le décès de Liu Shaoyao a en effet tout de la bavure policière : « Comment penser que la réponse a été proportionnée alors qu’un homme asiatique de 1,60 mètre, 56 ans, faisait face à trois fonctionnaires de la BAC, protégés de gilets pare-balles », s’insurge ainsi Olivier Wang, adjoint au maire du 19e arrondissement et membre de l’Association des jeunes Chinois de France (AJCF).

Accueillir un réfugié chez soi : joie et partages garantis !

Dominée par le mont Bégo, la vallée de la Roya, située dans les Alpes-Maritimes, s’étire gracieusement le long de la frontière italienne. En 2005, Alain, ethnobotaniste, et Camille Créton, géologue et agricultrice, se sont installés dans une ancienne châtaigneraie à 830 mètres d’altitude pour fonder une famille. Un soir de 2015, Camille croise sur la route deux jeunes migrants : « Ils venaient de marcher deux jours en tongs sur les terrains caillouteux de montagne, ils étaient épuisés : je ne pouvais pas les laisser comme ça au bord de la route… Je les ai invités à se reposer quelques jours à la maison. Ils ont pu faire une halte et réfléchir à la suite de leur parcours », raconte-t-elle.

Ces travailleurs qui exercent plusieurs métiers

Élément essentiel des sociétés archaïques, la pluriactivité se retrouve aujourd’hui à la pointe des mutations sociales et économiques. Elle concerne à la fois des ruraux et des urbains, des employés peu qualifiés ou des cadres et révèle des motivations composites. S’il n’existe pas de définition officielle ou unanimement reconnue de la pluriactivité, pour le sociologue Jean-Pierre Boudy, elle peut se définir comme l’exercice de plusieurs activités différentes, simultanément ou bien successivement dans la même année. Concernant des centaines de milliers de personnes en France, elle fait appel à des motivations diverses. Chez les actifs du secteur tertiaire, les saisonniers ou les agriculteurs, elle est historiquement liée à une nécessité vitale et majoritairement subie. Également motivée par des facteurs économiques, elle est moins contrainte chez des personnes multi-actives qui le sont afin de valoriser certains atouts ou un patrimoine, au travers par exemple de la location d’un gîte, souligne Jean-Pierre Boudy. Troisièmement, une multiactivité de “plaisance” existe chez des individus qui ne se sentent pas entièrement satisfaits par leur activité principale et ressentent le besoin de s’exprimer dans une activité “passion”.

Chinois de Paris : contre l'insécurité et le racisme, jusqu'où ira la colère ?

Rarement la communauté chinoise de Paris s’était autant mobilisée. Dans les rues de Paris ce dimanche 4 septembre, des dizaines de milliers de manifestants ont exprimé leur ras-le-bol de la violence et des clichés racistes, réclamant leur droit à la sécurité et à la fraternité dans la société française. Si la mobilisation n’est pas nouvelle, elle a pris une nouvelle ampleur après le décès de Zhang Chaolin suite à un vol avec agression par un groupe d’adolescents. Aujourd’hui, la communauté chinoise se partage entre les anciennes générations qui veulent une répression plus affirmée contre l’insécurité, et les jeunes qui aspirent à plus de reconnaissance via la médiation sociale dans les quartiers. C’est dans cette direction qu’il faut aller selon Richard Béraha, enseignant à Sciences Po.
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